En Rapport
Theo Annemann · 1937

Le programme de Theodore Annemann publié en 1937 pour un numéro de télépathie à deux, fondé sur un code verbal discret et une progression jusqu’au final aux ardoises.
Un numéro complet à deux
En Rapport est le manuel compact de Theodore Annemann consacré à une démonstration de télépathie, de lecture de pensée et de clairvoyance à deux personnes. La première édition parut en 1937. Le fascicule original agrafé compte 24 pages et décrit un programme d’environ trente minutes; une seconde édition suivit en 1944.
Le principe est classique : un artiste circule parmi les spectateurs tandis qu’un partenaire assis, présenté comme médium, identifie des pensées ou des objets qu’il ne semble pas pouvoir voir. La solution d’Annemann est volontairement économique. La préparation est réduite, les accessoires sont faciles à transporter et la communication parlée doit ressembler à une conduite normale du spectacle plutôt qu’à une liste évidente de mots codés.
Code, préparation et déroulement
Le fascicule commence par le code que les deux partenaires doivent apprendre, puis donne des exemples et la liste du matériel. Le numéro original emploie deux jeux de cartes, du papier, des crayons, des enveloppes, un billet emprunté, deux ardoises, de la craie et un faux pouce. Annemann ajoute les systèmes Si Stebbins et Eight Kings comme références pour les cartes.
Trois spectateurs pensent d’abord chacun à une carte, que le médium identifie. Une deuxième phase renforce l’idée de télépathie : des prédictions semblent écrites avant que trois autres cartes soient choisies. Une nouvelle lecture de carte modifie ensuite la procédure pour éviter toute répétition visible.
Le programme quitte alors les cartes. Le médium révèle les chiffres d’un billet de banque emprunté, puis la valeur et la date de pièces prêtées par le public. Le final aux ardoises reproduit des informations secrètes : un mot, plusieurs chiffres et un dessin. Le passage de cartes familières à des objets personnels, puis à une pensée cachée, crée une progression nette.
Une méthode toujours instructive
Le public soupçonne facilement un code parlé dans un numéro de seconde vue. Annemann travaille donc l’ordre, le moment et la formulation indirecte. L’intérêt du livre ne se limite pas à un vocabulaire secret. Il montre comment répartir les indices dans des phrases naturelles, masquer l’instant de transmission et confirmer une même prémisse par des épreuves différentes.
La fluidité est indispensable. Les partenaires doivent maîtriser le système au point d’écouter, répondre et corriger sans calcul visible. L’idée qu’il puisse être appris en quelques soirées décrit sa simplicité technique, pas une préparation professionnelle. Une présentation convaincante exige des répétitions communes dans des conditions réalistes.
Adapter En Rapport aujourd’hui
Billets de banque, dates des pièces, ardoises et texte original reflètent les années 1930. Ils peuvent être remplacés, mais chaque adaptation doit préserver la logique du code et la clarté de l’effet. Il convient aussi de présenter le numéro comme un divertissement et d’éviter toute prétention médicale ou surnaturelle réelle.
Le fascicule intéresse les duos établis, les artistes qui construisent un numéro à deux et les étudiants des codes verbaux. Même un mentaliste solo peut y étudier le rythme, l’escalade dramatique et la gestion des soupçons.
Éditions et état
Il faut distinguer la première édition de 1937, la seconde de 1944 et les reproductions ultérieures. Une annonce devrait préciser éditeur, date, pagination et nature de l’exemplaire. Sur un fascicule ancien, on vérifiera les agrafes, le pli, les feuillets centraux, les déchirures, les taches et les annotations. En Rapport demeure remarquable parce qu’il transforme un code limité et une série d’épreuves soigneusement ordonnées en une véritable proposition théâtrale.